Thomas Sankara : 33 ans après son assassinat, il demeure dans le coeur des africains

15 Octobre 1987 – 15 Octobre 2020, trente trois années après l’assassinat du révolutionnaire Thomas Sankara, un retour sur les dernières heures de l’Homme d’État est nécessaire pour commémorer ses 33 ans de disparition. Le récit ci-dessous retrace mieux les derniers moments du président Sankara sur terre.

Thomas Sankara Trahi !

« Il était environ 16h 15 mn lorsque la Peugeot 205 noire présidentielle se gara devant le pavillon  » Haute-Volta » du Conseil de l’Entente, suivie d’une voiture blanche de marque japonaise dont les occupants étaient quelques gardes du corps du Président. Le Président descendit de sa voiture et entra dans le pavillon où l’attendait tout le personnel nouvellement choisi pour faire partie du Secrétariat de la présidence du CNR qui se réunissait une fois par semaine.

A peine la réunion venait-elle de commencer, qu’une autre voiture, une Peugeot 504, pénétra dans l’enceinte du Conseil de l’Entente et se dirigea tout droit vers la voiture présidentielle. Le Caporal Maïga (l’un des gardes du corps de Blaise Compaoré) en descendit pour braquer le Sergent Der Somda, chauffeur du PF. Au même moment, une Galante bleue, conduite par le Sergent Yacinthe Kafando (l’aide de Camp de Blaise Compaoré), pénétra en trombe dans l’enceinte, et fonça droit sur le pavillon « Haute Volta ».

Le gendarme Soré et le soldat de 1ère classe, Ouédraogo Noufou, avant qu’ils ne réalisent ce qui leur arrivait, furent écrasés contre le mur du pavillon. Au même moment, le Caporal Maïga abattait à bout portant le Sergent Der Somda. Dans la foulée, les assaillants descendus des deux voitures déclenchaient un feu nourri sur tous ceux qui se tenaient debout aux alentours du pavillon où le Président du CNR était en réunion avec son secrétariat. A l’intérieur, les premiers instants de surprise passés, tout le monde se précipita derrière les fauteuils pour y trouver refuge. Se ravisant, le Président Thomas Sankara se leva, poussa un soupir et s’apprêta à se rendre en s’adressant à ses collaborateurs : « Ne vous en faites pas, c’est à moi qu’ils en veulent ».

Les mains en l’air, tenant son revolver de parade, il franchit le seuil de la porte et s’engagea dans le couloir à la rencontre des assaillants.

Le Sergent Yacinthe Kafando et le Caporal Nadié se trouvèrent face à face avec le Président du Faso, le braquant avec leur Kalachnikov. Une première décharge lâchée par le Caporal Nadié atteint le Président Thomas Sankara à l’épaule. Malgré la blessure, il réussit à se replier dans le couloir. Il essaye d’ouvrir la porte du premier bureau, mais ses occupants se sont enfermés à clef au bruit des tirs.

Nul ne saura ce qui s’est passé dans la tête du Président du Faso
pour qu’il revienne sur ses pas et reçoive la mort des mains de ses assassins. Une seconde balle l’atteint au front. Il chancelle, se retrouve sur les genoux : pendant quelques secondes, puis s’écroule sans avoir pu, ni dire un mot à ses tueurs, ni faire un geste quelconque qui prouve qu’il avait, l’intention de se défendre.

De tous ceux qui étaient avec le Président Thomas Sankara ce jour-là, un seul a miraculeusement échappé à la boucherie : Alouna Traoré.
« Lorsqu’il n’y a pas d’ennemis à l’intérieur, les ennemis de l’extérieur ne peuvent pas t’atteindre », Proverbe Africain.

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