Bénin-Présidentielle 2021 : la coalition citoyenne La 3è Voie appelle chefferies traditionnelles et responsables religieux à jouer leur partition pour une élection apaisée

La coalition citoyenne La 3è Voie est très soucieuse de la paix et la quiétude au Bénin. Pour cela, après plusieurs appels à l’union, les membres dudit creuset ont dans un plaidoyer appelé les têtes couronnées, chefferie traditionnelle, responsables religieux à jouer leur partition en vue d’une élection présidentielle inclusive, libre et transparente. Toute chose qui promeut un climat de paix et de quiétude dans le pays.

Ci-dessous, l’intégralité du plaidoyer

COALITION CITOYENNE LA 3eme VOIE
PLAIDOYER
EN VUE DE GARANTIR DES ELECTIONS LIBRES TRANSPARENTES ET OUVERTES A TOUS
A LA PRESIDENTIELLE DE 2021

Majestés Reines et Rois du Bénin,
Dignitaires des cultes endogènes et vénérés Gardiens de la Tradition,
Révérends Pères, Pasteurs, Imams et Dignitaires des confessions religieuses de tous grades et à divers niveaux de responsabilités.

Conformément à sa promesse de campagne d’assainir le climat politique dans notre pays, le Président de la République a lancé les chantiers de La nouvelle charte des partis politique et du nouveau code électoral. Aussitôt promulgués, les nouveaux textes ont déclenché une guerre d’interprétations. Salués par ses défenseurs les nouveaux textes avaient été taxés de bombes à retardement par une partie de la classe politique. Les législatives de 2019 ont plutôt donné raison à ceux qui avaient appelé à la relecture des nouvelles lois et à leurs amendements. Au bout du compte, seuls deux partis, l’Union Progressiste et le Bloc Républicain avaient été jugés dignes de compétiravec en prime, une Assemblée Nationale dominée à 100% par la mouvance. En d’autres termes, le principe de contre-pouvoir et de la séparation des pouvoirs qui fonde la République venait d’être mis en veilleuse par le rigorisme de la loi. Face à cette consécration de la pensée unique, des milliers de voix en avaient appelé à l’esprit du consensus à valeur constitutionnelle telle que stipulée dans le préambule de la constitution du 11 décembre 1990 pour juguler la crise qui venait de naître. Malheureusement, ces voix qui avaient été amplifié par celles de quelques éminents hommes n’ont pu prospérer. Le vin était tiré et il fallait le boire. C’est pour refuser de boire cette pilule amère que les anciens chefs d’état Nicéphore Dieudonné SOGLO et YAYI BONI dont les partis avaient été mis hors-jeu sont montés au créneau :
« Cette forfaiture ne passera pas, les élections ne se feront pas sans nous et si elles doivent avoir lieu malgré tout, alors on devra marcher sur notre corps ».
C’était en substance les propos de ceux qui venaient de prendre le devant de la contestation et de la résistance. La suite nous la connaissons tous et nous pouvons en faire l’économie.
Des joutes verbales entre pro réformistes et anti réformistes, l’on a assisté à l’enfumage au gaz lacrymogène des ex chefs suprêmes des armées puis aux tirs à balles réelles à Cotonou et dans l’arrière-pays pour faire du maintien d’ordre.

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A la sortie de ce malheureux intermède de notre histoire qui s’est soldé par une guérilla entre l’armée républicaine et les chasseurs traditionnels, le Chef de l’Etat avait appelé à un dialogue politique. Malheureusement, le format du dialogue n’a fait que différer la crise comme peut en témoigner les récentes communales. Si le dialogue avait été ouvert et moins expéditif, il aurait abordé sans faux fuyant, les vrais problèmes pour nous éviter les lois complétives et interprétatives. Au regard de ce qui précède, nous concluons qu’il serait suicidaire dans le contexte actuel d’aller à de prochaines élections sans avoir réglé définitivement la crise des législatives dont les effets collatéraux se font sentir jusqu’à ce jour. La présidentielle, c’est l’élection des élections. Elle est capitale, cristallise partout les passions et ravive les tensions. C’est de bonne guerre dirons-nous puisqu’elle engage au plus haut niveau, la vie de la nation. Ce virage dangereux ne peut être négocié sans regarder dans le rétroviseur car beaucoup de nations ont basculé dans le chaos à cause des contentieux électorauxmaladroitement étouffés ou minimisés. Les exemples existent à foison dans notre sous-région. Le coup d’état au Mali n’a-t-il pas été le sacre des frustrations et des contestations d’un contentieux électoral. La Côte d’ivoire quant à elle n’est pas encore sortie de l’ornière et s’apprête à inviter le corps électoral dans quelques semaines au mépris de toutes les frustrations. Ces exemples nous interpellent au plus haut niveau et c’est pour prévenir l’irréparable que nous avons humblement proposé la campagne :

‘’adoaton ma flizin’’

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NOTRE APPEL

Majestés Reines et Rois du Bénin,

Dignitaires des cultes endogènes et vénérés Gardiens de la Tradition,

Révérends Pères, Pasteurs, Imams et dignitaires des confessions religieuses de tous grades et à divers niveaux de responsabilités, le pouvoir des hommes nous conduitdans l’impasse et nous n’avons pas d’autres choix que de nous jeter dans vos bras protecteurs. Vous avez un pouvoir bien plus supérieur au pouvoir politique. Votre pouvoir est atemporel, il est divin. En nous tournant vers vous, nous avons fait le choix de tuer la peur qui a réduit au silence et à la résignation une bonne partie de notre peuple mais surtout nous voulons vous demander de trouver les justes mots pour attirer l’attention des gouvernants sur les mirages que pourraient constituer les peurs et les résignations du moment.

En effet, les peuples ont cela de particulier qu’ils sont imprévisibles. Les soulèvements en Tunisie, en Egypte, au Burkina Faso et au Mali en sont les plus belles illustrations. Aucun politologue ne pouvait prédire qu’une bavure policière devenue si routinière dans la Tunise de Ben Ali, aurait conduit le vendeur Bouazizi à s’offrir en holocauste pour déclencher des vagues de contestations dans tout le nord de l’Afrique. Aucun journaliste d’investigation et aucun agent des renseignements n’avaient pensé qu’un indigent à lui seul pouvait réveillerla dignité du peuple et conduire à la chute du tout puissant Ben Ali. Personne ne pouvait prédire l’effet boule de neige chez le voisin et surtout pas, chez l’indéboulonnable Hosni Moubarak. Ce vétéran de la guerre du Sinaï qui régnait en Maître sur l’Egypte. A quelques minutes de sa chute et alors que le peuple avait résolument pris la route du palais du COSIAM pour l’en déloger, le président Blaise Compaoré qui avait vu des vertes et des pas mûres ne pouvait se douter que les spatules et les bruits de casseroles auraient eu raison de sa longue expérience de commando et de déstabilisateur de la sous-région.

Au Mali, c’était un autre tableau mais le fond du problème était demeuré le même. Le peuple était excédé. Le peuple n’en pouvait plus et n’en voulait plus. Sur les problèmes du djihadisme qui avaient poussé le pays au bord de la partition sont venus se greffer la misère galopante et le tripatouillage de trop, lors des dernières législatives au pays de SOUNDIATA KEITA. Chez nous, un fait intriguant n’a pas manqué d’attirer notre attention. Au fort de la bataille de l’armée contre les forces d’auto défense dans les collines, nous avons entendu sur les réseaux sociaux, l’appel d’un compatriote au peuple Oduduwa. En effet, désemparé face à l’armée de son pays qui avait pris les siens pour cible, il s’en remettait au-delà des frontières au garant de son peuple originel et à ses ascendants du côté du Nigeria. Cet appel au secours qui était loin d’être les signes d’une folie douce interpelle nos consciences et nous interdit de nous méprendre sur cette alarme. Même si les causes et les contextes ne sont pas les mêmes, l’on a déjà vu au devant de la scène, les confréries des chasseurs traditionnels traverser les frontières au nom de la cause tribale. En Sierra Léonne, on les appelle les camajors. Ils furent très actifs pendant les guerres de la Sierra Léonne et du Libéria. Pendant la tentative de coup d’état de 2002 en Côte d’Ivoire, ils étaient présents et sont demeurés aux côtés de la rébellion jusqu’à la prise du pouvoir par Alassane Ouattara. Les dozo tels qu’on les appelle en Côte d’Ivoire constituait une armée tentaculaire reliée par la fibre ethnique et regroupant des chasseurs traditionnels de plusieurs pays. Ces mercenaires étaient la colonne centrale de la rébellion avant de se faire une place honorable dans le système sécuritaire de la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara. Dans notre états-nation, il faut éviter d’agiter les liens ethniques puisque l’armée républicaine n’a pas totalement fait disparaître les corps d’élites de nos tribus. Nos parents en cas de besoin peuvent retrouver leurs bois sacrés et faire ressurgir face à une armée dans laquelle ils ne se reconnaissent plus, leurs artilleries mystiques de guerre.Ce fut malheureusement le cas pendant les législatives. Qu’il nous souvienne que la guerre de triste mémoire du Rwanda s’était enclenchée sous fond de crise ethnique entre Tutsi et Hutu. L’histoire est un témoignage qui doit nous servir. Derrière la crise que l’on peut attribuer à la volonté stricte d’appliquer les réformes, une partie de notre peuple pourrait y voir la résurgence des guerres tribales et ethniques.

N’oublions surtout pas qu’à une époque qui ne remonte pas à l’antiquité, notre territoire était un agrégat de royaumes qui avaient passé le clair de leur temps à guerroyer. Qui pour des raisons expansionnistes et hégémoniques, qui pour dire non à la vassalisation. Cette époque a laissé des blessures dont certaines ont encore du mal à se cicatriser. Il faut donc éviter de réveiller les vieux démons. La République est encore en chantier et le citoyen béninois s’en remet instinctivement aux siens plutôt qu’aux lois de la République. Que l’on se souvienne d’une des voix les plus autorisées de la République qui avait menacé de s’en remettre aux siens dans le Bénin profond. Lors des récentes communales des propos similaires avaient résonné depuis Abomey. Sur la Terre des HOUEGBADJAVI, c’était un crime de lèse-majesté que de donner le pouvoir de décider à un foulani avait-t-on entendu. Celui qui agitait ainsi la fibre ethnique ne pouvait se douter de la portée de ses propos. Sous d’autres cieux, cette étincelle était largement suffisante pour embraser le corps social.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il faut craindre que la tension soit à nouveau électrique dans les mois à venir. C’est pour éviter que notre peuple se retrouve face à l’irréparable que nous avons décidé de tirer la sonnette d’alarme.

Majestés Reines et Rois du Bénin
Dignitaires des cultes endogènes et vénérés gardiens de la tradition,
Révérends Pères,
Pasteurs, Imams et Dignitaires des confessions religieusesde tous grades et à divers niveaux de responsabilités,
Nous vous demandons avec insistance de vous investir et de vous approprier la présente campagne pour un dialogue inclusif à bonne date afin de garantir à notre pays, des élections libres transparentes et ouvertes à tous.

Fait à Cotonou le 12 Octobre 2020

COALITION CITOYENNE LA 3E VOIE
Le Président
Bruno AHOUANMAGNAGAHOU

Meschac Dégbétchi

Meschac Dégbétchi

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